Article issu d’un thread publié sur Mastodon: https://mastodon.eliotberriot.com/@eliotberriot/100991234330508544

J’ai très envie de faire un long thread sur mon veganisme, parce que ça fait un peu plus d’un an maintenant, et j’en ai jamais vraiment parlé de façon structurée ici (ou ailleurs).

Pas ce soir du coup, mais si ça en intéresse parmi vous, je voudrais aborder la question des motivations, bien sur, mais aussi les aspects pratiques et quotidiens, et mon cheminement perso autour de tout ça.

Bon allez, c’est parti !

Ceci est le début d’un long #thread sur mon #véganisme.

On va notamment parler du pourquoi, du quand, du quoi, du comment, du jusqu’où, et je ne cible pas spécifiquement une audience végane ou non-végane.

On y va ⬇️

Ça peut peut-être surprendre, mais je vais d’abord commencer par parler du quand plutôt que des motivations, car celles-ci ont beaucoup bougé dans le temps.

Mon véganisme commence il y a une petite dizaine d’années, durant la lecture de Bidoche, un livre de Fabrice Nicolino.

Ce livre a été mon premier contact avec la cause animale, mais mais surtout avec les implications environnementales de l’élevage et de la consommation de produits animaux.

Ce livre m’a donné une première impulsion, celle de devenir végétarien.

À l’époque, j’ai fait ce choix pour des considérations purement écologiques, la souffrance animale n’était pas réellement quelque chose qui me touchait.

J’ai tenu ce régime quelques mois, puis je l’ai abandonné, puis repris ponctuellement au fil des ans.

Le végétalisme est arrivé en août 2017 date à laquelle nous avons franchi ensemble le pas avec @Sloppy

Ce végétalisme s’est assez rapidement changé en véganisme, et nous en sommes là aujourd’hui.

Quand au véganisme il exclut la consommation (pas seulement alimentaire) de produis et services issus de l’exploitation animale. Pour la nourriture, mais aussi pour se soigner, s’habiller, s’amuser, etc.

Comme il y a souvent confusion et débats autour de ce terme d’exploitation, pensez-y dans le sens “d’exploitation d’une ressource”, comme une ressource naturelle, pas comme “se faire exploiter”.

Exploiter un animal pour sa viande, son lait, son cuir, sa laine, c’est lui imposer une vie (en plus, dans la très grande majorité des cas, une vie de souffrances), chose qu’on ne s’imaginerait pas imposer de façon décente à un être humain.

Être végane, c’est donc avoir conscience de cet état de fait, et a minima, boycotter les produits d’origine animale, car on considère qu’il n’y a pas de raison d’imposer une vie à qui que ce soit (animal humain ou non-humain)

Soyons clairs : la seule carence scientifiquement attestée dans un régime végétalien, c’est la carence en vitamine B12, qui est effectivement dangereuse.

Il existe des compléments alimentaires que l’on peut prendre pour s’éviter cette carence.

C’est tout.

Les protéines, autres vitamines, nutriments, etc. se retrouvent tous et en quantités suffisantes dans une alimentation végétale.

En ce qui me concerne, si prendre un comprimé par jour ou par semaine peut éviter une vie entière de souffrance à des centaines d’animaux chaque année, le choix est vite fait.

Si vous pensez que ce n’est pas naturel, je vous invite vivement à arrêter de consommer de la viande (antibiotiques, hormones), de vous soigner, d’utiliser un ordinateur, pour vous mettre cohérence avec votre propos.

Quand au cri de la carotte, pour ce qu’en sait la science, les plantes ne souffrent pas de la même façon que les animaux, car elles ne possèdent pas de nocicepteurs.

Quand bien même on découvrirait que les plantes souffrent comme nous, on consomme plus de ressources végétales en consommant des produits animaux qu’en consommant directement des plantes (puisque l’élevage nourrit les animaux avec… des plantes).

Ce n’est donc pas un argument valable.

En vrac, dans les autres arguments qu’on peut entendre revenir, il y a le fait que les véganes soient tristes, violent·es, extrémistes, prosélytes, misanthropes, chiant·es.

C’est probablement vrai pour certain·es, mais on peut en dire autant du reste de la population.

Sur le fond, l’important, c’est le véganisme, pas les véganes.

Je connais des catholiques qui sont des salopards, je ne généralise pas pour autant.

Désolé pour la digression, malheureusement, ces discussions font partie de la vie quotidienne d’une personne végane.

Si tu mange hallal, ou casher ou que tu fais carême, tout le monde s’en tape, par contre, si tu es végane, le monde autour de toi se met en kernel panic et te sors l’un des arguments précités.

Pour en revenir à mon parcours perso, paradoxalement, la partie alimentation n’est que la partie émergée de l’iceberg, et la plus facile à transitionner (à mon sens).

Commencer à manger végétalien en 2017, c’était assez simple. Il y a des produits labellisés, des supermarchés, des restaurants, des sites d’info, des livres de recette, des salon, etc.

Et j’ai moi-même été cette personne là, donc je sais de quoi je parle.

La transition alimentaire est donc relativement simple, et d’autant plus que vous êtes entourées de personnes de confiance.

Et à chaque personne qui franchit le pas, ça devient du coup un peu plus simple, c’est la beauté du truc.

Non, pour moi, le vrai nœud du problème, sur lequel je bute en ce moment, c’est tout ce qui n’est pas l’alimentation :

  • Les soins
  • L’habillement
  • Les loisirs
  • Tout le reste

Un peu naïf, quand j’ai commencé à être végane, je m’imaginais qu’une fois la montagne de la bouffe passée, c’était bon.

En fait, maintenant, je réalise qu’être végane c’est un curseur, pas une case à cocher.

On vit dans un monde où l’exploitation animale est littéralement partout.

Zoos, centre équestre, cirques, parcs animaliers, films, agriculture, expérimentation, médecine, industrie textile, guerre, aide à la personne, soutien émotionnel…

Comme c’est systémique, il est virtuellement impossible de résoudre ça uniquement à un niveau individuel.

Donc dans ma tête, il y a ce curseur permanent à ajuster, à accepter. Des choix à faire tout le temps :

Regarder un film dont le tournage utilise des animaux ? Acheter un produit issu de l’exploitation animale pour un·e amie ? Consommer un médicament qui a été testé sur les animaux ? Acheter un produit végane chez une marque qui bénéficie de l’exploitation animale ? Garder l’animal de compagnie d’une amie ? Continuer à porter un vêtement en laine ou en cuir ?

Finalement, je me retrouve obligé de temporiser et de faire des compromis, et c’est fort désagréable (notamment pour les animaux qui subissent ça).

Pour moi, devenir végane, ça a été apprendre à faire face à ma culpabilité. À la gérer, quoi que ça veuille dire, à en faire un moteur plutôt qu’à la refouler.

Je crois que ça m’a fait grandir sur pas mal d’aspects et que cela a bénéficié plus largement à d’autres luttes.

J’ai l’impression que ma sensibilité au féminisme, aux questions de harcèlement et d’oppression s’est développée avec mon véganisme.

Je pense aussi que ça a contribué à rendre mon entourage un peu moins con : les personnes qui m’aiment ou qui veulent me côtoyer sont obligées d’évoluer, de composer avec moi, de changer leurs habitudes, bref, de participer bon gré mal gré à la lutte antispéciste ;)

Sur la question des motivations, je dirai que je suis devenu végétarien puis végane pour de mauvaises raisons (ou en tout cas pas les bonnes), mais je suis à peu près certain que je le resterai par antispécisme.

Même si l’humanité disparaît complètement dans 50 ans, ça a du sens de me dire que des milliers d’animaux n’auront pas souffert juste pour mon plaisir.

Beaucoup de personnes m’ont littéralement permis de devenir végane :

  • @Sloppy, qui a abordé le sujet la première fois
  • Jihem Doe (https://www.youtube.com/channel/UCL4aDumq1DvTw2Jp7rF87jQ) , avec ses vidéos véganement
  • Les personnes qui tiennent des restos et magasins et qui rendent le véganisme possible
  • Les auteurs et autrices de livres sur le question
  • Les bloggeur·ses
  • Mes proches