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Déconnomiques

Je voudrais revenir aujourd’hui sur une expérience désagréable, mais instructive, en tant que militant au sein du cercle des déconnomistes d’Aix- en-Provence.

Ce n’est pas très marrant, mais compte tenu du contexte, il me semble important de décrire comment un groupe, même motivé par de nobles idéaux, peut se transformer rapidement en un système oppressif, oublieux des notions élémentaires de respect et de fonctionnement collectif.

Ce qui suit est mon avis, ma vision de choses, mon analyse subjective d’une série d’évènements qui s’est déroulée sur plusieurs mois. Certains déconnomistes y trouveront leur compte, d’autres pas. S’ils le souhaitent, je les invite à compléter, confirmer ou infirmer ce témoignage dans les commentaires. Tous les avis y sont les bienvenus.

Communiqué des déconnomistes

Avant de donner mon avis, voici celui des déconnomistes qui font encore partie du groupe, repris tel quel depuis un communiqué datant du 12 juin 2013 :

Madame, Monsieur,

Nous avons le regret de vous informer de l’annulation des Rencontres Déconnomiques 2013. En effet, notre organisation, composée d’une soixantaine de bénévoles, vient de traverser une crise interne.

Nous avons jusqu’ici choisi de ne pas entrer dans la controverse et de ne pas répondre à la dérive  disproportionnée et malveillante de quelques personnes ayant quitté l’organisation, et nous avons continué à consacrer toute notre énergie et notre enthousiasme à la préparation des Rencontres Déconnomiques 2013.

Cependant, face aux attaques incessantes de ce petit groupe, dont une association locale s’est fait le relai au niveau national, et devant cette volonté de détruire systématiquement ce que nous construisions, il nous a fallu revoir notre projet. Nous souhaitons prendre le temps de dissiper le trouble occasionné, et c’est ainsi qu’après une longue réflexion avec nos principaux partenaires, nous avons décidé, avec tristesse, déception et regrets, de ne pas organiser les Rencontres Déconnomiques en 2013.

Nous avons pris cette décision parce que nous refusons d’entrer dans le conflit qu’on cherche à nous imposer, afin de ne pas porter préjudice aux idées que nous défendons. Navrés par l’annulation de l’édition 2013, nous allons tout mettre en oeuvre pour travailler sereinement à l’organisation des Rencontres Déconnomiques 2014 et vous y accueillir dans des conditions optimales de sérieux et de bonne humeur.

Dans l’attente, nous vous prions de recevoir nos très sincères salutations.

Les Déconnomistes.

Les déconno…qui ?

Les déconnomistes sont nés au premier trimestre 2012, sur initiative d’un petit groupe d’amis, à savoir Dany Bruet, François Pecqueur et Vincent Lucas.

Chaque année, à Aix-en-Provence, se réunit le Cercle des Économistes, au cours des Rencontres Économiques. Les membres de ce cercle, à tendance libérale, cherchent ainsi à « activer le débat économique à l’échelle mondiale, et pas seulement française ou européenne. ».

On peut légitimement se demander quelle est la place du débat dans cette manifestation où seul un faisceau d’idées est représenté. C’est là que les déconnomistes entrent en scène.

En parallèle de ces Rencontres Économiques, les déconnomistes ont ainsi proposé, en juillet 2012, des Rencontres Déconnomiques, pour se moquer, mais surtout pour contribuer à rendre visible une autre pensée économique.

Grâce à une multitude de conférences, débats, rencontres, animations de rue, projections, lectures et réjouissances de toutes sorte, les premières Rencontres Déconnomiques ont rencontré un franc succès et attiré plus de 2500 personnes. Pour une cinquantaine de bénévoles sans ressources financières particulières et en quelques mois, il y a de quoi dire bravo.

Et moi, dans tout ça ?

Séduit par le projet, mais dans l’incapacité totale d’apporter mon aide pour l’organisation des premières rencontres, j’ai rejoint les déconnomistes en septembre 2012. Quelles compétences un jeune blanc-bec peut bien apporter à un groupe de militant chevronnés ?

En fait, mon rôle principal était de participer à la refonte du site internet car le premier site, réalisé dans l’urgence des premiers mois, ne suffisait plus.

En raison de problèmes internes aux déconnomistes, j’ai travaillé entièrement seul sur cette refonte, tant sur le plan de la conception que de la réalisation technique, avec un objectif principal : créer un outil qui soit facile à prendre en main et à alimenter, même pour des néophytes dans le domaine du web.

Je pense pouvoir affirmer sans rougir que j’ai réussi à faire quelque chose de pas trop nul (merci WordPress, merci Pods), puisque ma proposition a été validée par la commission chargée du site interne et aurait du être mise en place avant les rencontres 2013. Une version pas totalement finie de ma proposition est d’ailleurs visible - pour combien de temps ? - à l’adresse http://deconnomistes.org/v2/.

EDIT 2017: ma version n’est plus accessible.

Démocratie en option

Malheureusement, entre septembre 2012 et mars 2013, mois de mon départ, les choses se sont gâtées.

Dans tous les groupes, je crois, on voit apparaitre à un moment ou à un autre des frictions, des malentendus, des conflits. La force du groupe réside alors dans sa capacité à continuer à fonctionner tout en réglant les problèmes.

Dans le cas d’un groupe citoyen, je rajouterai que la force provient également de la capacité à régler les problèmes tout en restant en conformité avec les valeurs et les idéaux défendus par le groupe.

Par exemple, on imagine aisément une association, avec des assemblées plénières, des décisions prises en commun et à la majorité, la possibilité pour chacun de s’exprimer face aux autres. En prenant les décisions de cette manière, on peut régler les problèmes, tout en restant démocratique.

Au sein des déconnomistes, la démocratie est en option. Le groupe n’a aucun statut, aucun document qui formalise sa mission, son fonctionnement. Bien sûr, il y a des assemblées où les membres se réunissent. De là à dire que les décisions sont prises de façon collective et démocratique, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Premier exemple : les trois membres fondateurs, ont pris sur eux de créer un comité des « Groins » (sic), un organe destiné notamment à statuer sur l’exclusion des membres, quand nécessaire. Qui ont-ils nommés - sans en avertir au préalable les autre membres du groupe - au sein de ce comité ? Je vous laisse deviner.

Deuxième exemple : pour rejoindre les déconnomistes, il faut être coopté. Autrement dit, on doit connaître quelqu’un pour nous introduire dans le cercle. Déjà, le côté société secrète, qui pourrait amuser dans d’autres circonstances, fait un peu grincer des dents. La petite bricole en plus, c’est que les membres cooptés n’ont pas le droit de s’exprimer en assemblée avant plusieurs mois. S’ils essaient, l’un ou l’autre de nos membres du Groin se réserve le droit de le réduire au silence. Bref, les nouveaux venus travaillent et la bouclent s’ils souhaitent un jour devenir membres premium.

Troisième exemple : quand on s’exprime en assemblée, il y a des sujets à ne pas aborder sous peine de devenir la cible de l’animosité générale. Le comité des groins, le fonctionnement du groupe, le concept de démocratie sont autant de points à éviter. En fait, si l’on veut rester dans les clous, il faut rester dans l’action. Qu’est ce que ça veut dire ? On ne sait pas trop, mais une chose est certaine, remettre en cause les fondements du groupe, c’est faire du « psychodrame », avoir des « états d’âme », bref, être une « gonzesse ». Ne riez pas, je cite.

Partant de ces constats - et de bien d’autres, que je ne peux malheureusement pas retranscrire ici -, nous avons été plusieurs à mettre en stand-by notre participation au groupe, à expliquer la nécessité de repenser le groupe et son fonctionnement le mettre en conformité avec les valeurs revendiquées, notamment en termes de débat et de transparence.

De mon côté, même après avoir exprimé mon retrait temporaire du groupe, j’ai été jusqu’à assurer de bout en bout le processus de migration de la nouvelle version du site. Mal m’en a pris, car les Groins m’ont exclu du groupe quelques jours après, sans autre forme de procès.

Mail d’exclusion

Je vous retranscrit ce mail d’exclusion (oui, les déconnomistes excluent les gens par des mails collectifs, sympa non ?), envoyé par Dany Bruet le 6 mars 2013, à l’ensemble des membres du cercle des déconnomistes. C’est un peu long, mais instructif :

Sujet : Les Déconnomistes : une réunion extraordinaire est organisée lundi prochain

Considérant les enjeux et la pression liés à la réussite de la 2eme édition,

Considérant les  événements intervenus depuis quelques mois au sein du collectif des Déconnomistes, notamment la dernière réunion de travail du 28 février 2013,

les initiateurs du projet (Dany, Francois et Vincent) se sont réunis et communiquent ici leur position :

L’idée d’organiser un événement s’opposant au Cercle des Economistes est née il y a 1 an.

Autour des 3 initiateurs, s’est rapidement et incroyablement réuni une équipe adhérant au propos et au mode de fonctionnement proposé.

Le résultat inespéré de la 1ère édition peut légitimement être imputé en grande partie à un esprit de groupe exemplaire, entièrement tourné vers la réussite  de l’événement et la fierté de retrouver les chemins du faire- ensemble.

Dans la période de préparation de la 2eme édition, la plus difficile car il nous faut faire la démonstration de notre capacité à malmener DURABLEMENT  la pensée unique, sont apparues de la part de certains membres du collectif des demandes et exigences, notamment en terme de démocratie, ou plus précisément de prises de décisions.

Les initiateurs des Déconnomistes , investis depuis plus de 10 ans dans un activisme militant (Boum, Choucroute, Repaires, AMD), dont ils ne rougissent pas un instant, activisme qui avait  résonné positivement dans le collectif naissant,  se reconnaissent totalement dans cette exigence de démocratie qui trouva naturellement sa matérialisation dans   l’autonomie des groupes de travail, dans le désormais célèbre QPP (qui propose prend), dans la création de la commission COQP, et d’une manière générale dans les débats libres et non faussés en séances plénière.

Les initiateurs des Déconnomistes rappellent ici et assument totalement que le propos du Cercle des Déconnomistes est la production d’un événement démontrant la capacité citoyenne à malmener l’oligarchie. La dimension de « laboratoire de démocratie citoyenne interne », malgré les signes évident du souci de démocratie interne, n’est pas et n’a jamais été la priorité de cette initiative, et en tout cas certainement pas quand cette exigence est instrumentalisée.

Les initiateurs rappellent à toutes fins utiles que des « agoras citoyennes », tels les Repaires de Là-bas si j’y suis, dont ils sont également initiateurs à Aix et à Marseille, existent pour tous ceux qui souhaitent avancer dans cette démarche de réappropriation citoyenne du débat et de la parole.

En conséquence de quoi, les initiateurs,

considérant le risque d’implosion du groupe

dans l’unique souci de produire une 2eme édition à la hauteur des attentes des citoyens, des intervenants, des partenaires et des réseaux qui nous soutiennent,

vu la gravité des accusations portées contre eux,

ont décidé :

  • l’exclusion de Linda et de son fils Eliot  pour leur détermination à utiliser tous les moyens pour faire prévaloir leur vision (utilisation de la liste de diffusion, chantage à l’effacement du prochain site, procès en stalinisme, etc.) quitte à faire exploser le collectif.
  • la dissolution du Groin.

Les initiateurs rappellent en cette occasion les principes qui doivent être acceptés par tous ceux qui entendent poursuivre la magnifique aventure :

  • Utilisation fonctionnelle et éthique de la liste de diffusion, réservée aux informations et planning sur un mode concis permettant une lecture rapide dans un contexte de saturation des boites mail
  • Sur la base de l’autonomie d’initiative et de fonctionnement des commissions, acceptation de la fonction de coordination générale et de cohérence amenant à reconsidérer certaines décisions des commissions
  • Acceptation de la fonction de « recours » des initiateurs, intervenant lors de conflits internes, de menaces graves pour la pérennité et l’indépendance du Cercle des Déconnomistes.

La réunion du 13 mars est annulée
Une réunion extraordinaire est organisée lundi 11 mars à 19H à la Mareschale  au cours de laquelle le contenu de cet avis sera exposé et développé;
Les initiateurs disent merci à tous ceux qui ont nourri cette aventure jusqu’ici et disent : « à lundi »   à ceux qui se reconnaissent dans l’exposé ci-dessus.

Tout est d’origine, je n’y ai apporté aucune correction. Ce mail laisse entrevoir d’intéressantes possibilités d’exégèse. Je retiendrai notamment :

  • « les initiateurs du projet (Dany, Francois et Vincent) se sont réunis et  communiquent ici leur position » : ceci prouve bien que se sont les initiateurs qui se réunissent et prennent les décision. Les autres acceptent ou refusent, mais ne peuvent pas proposer d’alternatives.
  • « Les initiateurs rappellent à toutes fins utiles que des « agoras citoyennes », tels les Repaires de Là-bas si j’y suis, dont ils sont également initiateurs à Aix et à Marseille, existent pour tous ceux qui souhaitent avancer dans cette démarche de réappropriation citoyenne du débat et de la parole » : autrement dit, « le débat, c’est pas ici, c’est ailleurs. Nous, on est là pour agir, peu importe comment ».
  • « En conséquence de quoi, les initiateurs, […] ont décidé : - l’exclusion de Linda et de son fils Eliot  pour leur détermination à utiliser tous les moyens pour faire prévaloir leur vision (utilisation de la liste de diffusion, chantage à l’effacement du prochain site, procès en stalinisme, etc.) quitte à faire exploser le collectif.** - la dissolution du Groin. ** » : Là on atteint le fond. Donc j’ai été accusé (et ma mère aussi, tant qu’à faire) :
    • d’avoir utilisé la liste de diffusion des déconnomistes pour communiquer avec eux
    • d’avoir menacé d’effacer un site que j’avais développé entièrement et qui était toujours ma propriété puisqu’hébergé sur mon serveur
    • d’avoir émis des réserves sur le fonctionnement du groupe

Et ensuite ?

Communiqué d’Attac

Suite à cette exclusion et aux dysfonctionnements évoqués précédemment, de nombreux membres du cercle l’ont quitté, pour exprimer leur désaccord vis à vis de ces pratiques. Certains faisaient partie d’Attac 13, et l’association s’est peu après désengagée des rencontres déconnomiques, en publiant un communiqué éloquent :

Attac 13 se désengage des Rencontres Déconnomiques


Cher-e-s ami-e-s adhérent-e-s et sympathisant-e-s d’Attac pays d’Aix

Nous vous informons de notre désengagement du Cercle des Déconnomistes.

Nous nous y étions impliqués nombreux, avec enthousiasme dans l’édition 2012, et nous étions tout aussi
motivés et mobilisés pour l’édition 2013.

Suite aux dérives autoritaires (voir PJ mail envoyé par Dany Bruet, François Pecqueur, Vincent Lucas), nous
avons proposé, de façon répétée, une ouverture à davantage de démocratie et de respect des personnes .
Sans succès.

Face à nos demandes de dialogue et nos propositions constructives, nous nous sommes heurtés à un refus catégorique.
Nous nous sommes vus contraints, à notre grand regret, de renoncer à poursuivre notre participation aux Rencontres.


Communiqué d’Attac Pays d’Aix et d’Attac Marseille, partenaires et membres actifs des Déconnomistes.
(lu à la réunion extraordinaire du 11 Mars 2013)

Tel qu’il est proposé le fonctionnement du cercle des Déconnomistes est contraire à notre éthique.

  • Des dirigeants autoproclamés (Dany Bruet, François Pecqueur et Vincent Lucas).
  • Des règles de fonctionnement à géométrie variable imposées sans concertation.
  • La soumission imposée à la pensée unique des « initiateurs » sous peine de sanction.
  • L’utilisation de la formule « si tu n’es pas content tu peux partir» pour tout dialogue.
  • La gestion des différends par l’exclusion (8 à ce jour)
  • L’affirmation permanente du danger venu de l’intérieur dont il faut protéger le groupe
  • comme justification des décisions prises.
  • La diffamation
  • Une gestion opaque, préférant les arrangements avec quelques personnes choisies plutôt
  • que la consultation du groupe qui est mis ensuite devant le fait accompli.

Nous sommes au moins ici tous d’accord sur un point : les Rencontres Déconnomiques sont un beau projet
auquel nous avons tous participé.

Attac souhaite la réussite du projet 2013 et a œuvré en ce sens. Démocratie et efficacité de long terme vont de pair.

Il est donc indispensable de revenir à un fonctionnement plus démocratique.

Le Comité Local d’Attac Gardanne et Bassin Minier qui en raison d’autres mobilisations n’a pu s’impliquer que ponctuellement, nous charge de transmettre le message suivant :
« Le CL d’Attac Gardanne est lui aussi très soucieux qu’un fonctionnement totalement transparent et démocratique soit la règle intangible au sein des Déconnomistes, dont l’objet est la défense de ces mêmes principes. »
——————

Vous comprendrez que dans ces conditions, les militants d’Attac 13 qui devaient participer aux Rencontres
Déconnomiques aussi bien à titre de bénévoles que d’intervenants ne souhaitent plus le faire.

Cordialement
Attac Pays d’Aix et Attac Marseille

Communiqué des « dissidents »

Suite à ce communiqué d’Attac, une dizaine de déconnomistes ayant quitté le cercle a élaboré un communiqué, transmis aux intervenants invités aux rencontres, afin de les avertir de la situation :

Le 8 avril 2013

Vous avez été informés par le communiqué d’Attac 13 du 12 mars des désaccords graves qui ont divisé le groupe organisateur des Rencontres Déconnomiques d’Aix-en-Provence. Ce groupe d’une soixantaine de personnes, dont une quarantaine de militants actifs, a fait le succès des Rencontres Déconnomiques 2012 par son implication enthousiaste, sa solidarité et sa cohésion.

Cette dynamique a démontré son efficacité jusqu’à la prise de pouvoir autoritaire  opérée par Dany Bruet, François Pecqueur et Vincent Lucas en février dernier. Cela n’était justifié par aucun problème de fond ni de fonctionnement. Les prétextes invoqués pour cette prise de pouvoir ne reposaient sur aucune réalité, aucun «  ennemi intérieur ».

Cela nous a conduits nombreux à réclamer un débat permettant de clarifier le fonctionnement, ce qui a été refusé par ces 3 personnes. Elles ont au contraire durci leur position jusqu’à « l’avis » du 6 Mars 2013 (voir PJ1), prenant la forme d’un véritable putsch. S’en sont suivi des intimidations, de la diffamation, des exclusions.

Nous ne pouvions cautionner ces méthodes indignes non respectueuses des personnes et en contradiction totale avec la raison d’être des Déconnomistes qui vise justement à combattre ces pratiques néolibérales. Nous avons donc été un certain nombre à exprimer notre désaccord, ce qui dans un tel système impliquait automatiquement notre départ.

C’est la force de notre attachement au  projet Déconnomiste qui nous conduit à vous alerter aujourd’hui sur la dérive d’une action militante et citoyenne efficace vers un management entrepreneurial, à l’opposé du sens et de l’esprit fondateurs des Rencontres Déconnomiques.

La fin ne justifie pas les moyens

On est ainsi face à un groupe qui prétend  « malmener DURABLEMENT  la pensée unique » et susciter le débat, mais qui répond à la critique par une exclusion pure et simple. Un groupe qui place l’organisation des rencontres avant toute autre préoccupation, bref, un groupe qui pense que la fin justifie les moyens.

Je trouve cette façon de penser nauséabonde, car elle est utilisée ailleurs pour cautionner des choses aussi sympathiques que la torture ou la surveillance de masse.

Le plus « drôle », dans l’affaire, c’est qu’en voulant circonscrire « le risque d’implosion du groupe », les trois Groins se sont tirés une balle dans le pied : une bonne partie des membres actifs a quitté le cercle, la plupart des intervenants se sont désistés et Attac, qui était partenaire des rencontres déconnomiques, à un taillé un short aux déconnomistes en utilisant ses réseaux de communications.

Fautes de bénévoles, d’intervenants et compte tenu de la mauvaise publicité faite au groupe, les rencontres 2013 ont ainsi été annulées. On nous promet une édition en 2014 qui, je l’espère ne verra jamais le jour : les économies alternatives ne méritent pas comme porte-parole un groupe soudé par cette mentalité.

Conclusion

Ce qui m’a le plus attristé, dans cette histoire, c’est l’absence de réaction de la majorité du groupe. A part les personnes, que j’ai évoquées plus haut, qui ont quitté le groupe à la suite de cette histoire, de nombreuses personnes sont demeurées au sein du cercle, cautionnant et soutenant parfois explicitement ces comportements.

Je crois qu’ils ne réalisent pas les conséquence de leur passivité ou de leur position. Si nous avions tous fait front, ensemble, pour mettre en place collectivement un fonctionnement accepté par TOUS, les rencontres auraient eu lieu.

En tournant en dérision les critiques, les suggestions, en ignorant purement et simplement les personnes possédant un avis divergent, ces déconnomistes ont mis de côté leur solidarité et leur esprit critique. Ils ont ainsi, au même titre que les trois groins, compromis le projet. Ce refus de réfléchir un peu pour garantir la pérennité de leur action s’est traduit par un échec pur et simple des rencontres.

Je tire au moins une leçon de cet épisode : mieux vaut se méfier des groupes dont les règles ne sont pas clairement exprimées et formalisées, car cette situation ouvre la porte à toutes les fenêtres dérives. Si elle l’avaient été, j’aurais pu comprendre immédiatement que les déconnomistes ne me convenaient pas, et m’épargner toute cette histoire.

Je m’excuse pour la longueur de ce billet et son caractère probablement confus. Comme on dit, il fallait que ça sorte. N’hésitez pas à utiliser les commentaires pour vous exprimer ou poser des questions, ils sont là pour ça.